Stratégie nationale Sport-Santé 2019_2024

Votre interlocuteur pour le Val d’Oise : Dr Philippe PIZZUTI : dr.pizzuti@orange.fr

Les évolutions de la société et la hausse continue de la sédentarité et de l’inactivité physique ont entraîné, depuis le milieu des années 1970, une « transition épidémiologique » qui se matérialise par la progression des maladies chroniques non transmissibles.
Il y a ainsi aujourd’hui selon l’Assurance maladie plus de 10 millions de personnes prises en charge par le dispositif des Affections de Longue Durée (ALD) en France, ce qui n’inclut pas l’ensemble des malades chroniques (près de 15 millions de personnes).
Face à ce phénomène qui représente un coût social conséquent, l’activité physique montre, en association à des thérapeutiques médicamenteuses, des bénéfices thérapeutiques avérés et peut aussi constituer, dans certains cas, une thérapeutique de 1ère intention avec des résultats probants.
Selon les expertises collectives, la pratique régulière d’une activité physique contribue à prévenir l’aggravation et/ou la récidive d’une grande partie des maladies chroniques.
Par exemple, elle permet de limiter la prise de poids et participe à son contrôle ;
elle représente un traitement à part entière de la broncho-pneumopathie chronique obstructive, des maladies cardio-neurovasculaires, du diabète de type 2,
elle réduit de 30% les risques de rechute après un cancer du sein et diminue de 30% le risque de mortalité spécifique du cancer du sein et du côlon. L’expertise collective de l’INSERM recommande que l’activité physique soit prescrite avant tout traitement médicamenteux pour la dépression légère à modérée, le diabète de type 2, l’obésité, l’artériopathie oblitérante des membres inférieurs, hypertension artérielle et les dyslipidémies.
L’activité physique est par ailleurs le seul traitement ayant prouvé son efficacité dans la prise en charge de la fatigue chez les patients atteints de cancer.
De plus, la Haute Autorité de Santé (HAS) a publié le 17 octobre 2018 un guide méthodologique relatif à la prescription d’activité physique afin de documenter et d’appuyer les médecins dans l’orientation de leurs patients vers une activité physique adaptée et les intervenants idoines.
Comme préconisé par la HAS, il est recommandé d’évaluer de façon systématique le niveau d’activité physique du patient, de suivre l’évolution de la condition physique et de la tolérance à l’exercice pour adapter la prescription. Il s’agit de proposer le plus souvent possible des programmes personnalisés, notamment en fonction des paramètres propres à la pathologie du patient et à son environnement pour favoriser son adhésion optimale et durable.
Le rapport du Haut Conseil de Santé publique relatif à la place des offreurs de soins dans la prévention, publié le 24 septembre 2018, préconise le rôle des structures hospitalières et offreurs de soins dans la mise en place d’une activité physique adaptée.
Il est nécessaire que l’ensemble des médecins soit informé et formé à la prescription d’activité physique adaptée pour pouvoir orienter les patients.
De plus, il convient de créer une nouvelle offre ou d’optimiser l’offre existante afin de répondre aux besoins.
Les maisons sport-santé contribueront également à développer l’orientation et l’accompagnement des patients atteints de maladies chroniques. Après un épisode pathologique qui nécessite de se réapproprier son corps, de retrouver une forme d’estime de soi et de retisser du lien social en dehors du monde médical, ces espaces d’accueil, de diagnostic et d’orientation auront un rôle important dans l’intermédiation entre la prise en charge médicalisée du sport-santé et l’activité physique ou sportive classique. Cette prise en charge constituera une passerelle cruciale pour amener ou ramener les individus vers une pratique régulière, quelle que soit leur maladie chronique, tout en tenant compte des capacités fonctionnelles de chacun.

MISE EN PLACE DÈS 2019 DE PARCOURS INTÉGRÉS POUR LES FEMMES TRAITÉES POUR UN CANCER DU SEIN

Trois millions de Français vivent après un cancer (sein, prostate, colon rectum, hémopathies malignes et de l’endomètre). Dès le début du traitement, il est prouvé qu’un programme d’activité physique augmente les capacités cardiorespiratoires et physiques, la composition corporelle (pourcentage de masse grasse, densité osseuse, pourcentage d’eau, masse musculaire) et diminue la fatigue.
Dans le cadre des « parcours pertinence et qualité » mis en place dans la stratégie « Ma Santé 2022 », le ministère de la Santé élabore avec la HAS, l’INCa et la CNAM un parcours optimisé des femmes opérées après un diagnostic de cancer du sein (59 000 nouveaux cas par an). Même si la baisse de la mortalité est avérée et que la survie à 5 ans et à 10 ans après le diagnostic est en nette progression, la moitié des femmes rapportent une dégradation de la qualité de vie physique 5 ans après le diagnostic (fatigue, douleurs chroniques) et un tiers une dégradation de leur santé mentale. Certains besoins à court et long terme sont insuffisamment couverts tel l’accès à une activité physique adaptée, à un soutien psychologique et à un accompagnement social.
Il est ainsi proposé d’accompagner les femmes dans leur rétablissement après la chirurgie pour un cancer du sein, de lutter contre les inégalités sociales et territoriales et de permettre, à la fin des traitements spécifiques, un rendez-vous d’évaluation et la mise en place d’une offre adaptée aux besoins de la patiente, qui pourra recouvrir notamment l’activité physique adaptée, l’accompagnement nutritionnel, les traitements des effets secondaires sur la peau et les muqueuses, mais aussi l’accompagnement psychologique. Il faut que notre système puisse donner à toutes les femmes traitées pour un cancer le pouvoir d’agir pour mieux vivre après le cancer grâce notamment à une activité physique adaptée.
Un exemple pour d’autres maladies.
Plus globalement, compte tenu de l’impact sanitaire positif avéré de l’activité physique adaptée sur de nombreuses autres pathologies, un important travail est en cours pour préciser, avec tous les professionnels de santé, les patients concernés, les personnes et les structures ressources.
Il précisera également comment favoriser la mise en place de l’offre sur le territoire, organiser des parcours et encourager l’engagement citoyen, des associations et des patients.
Une expérimentation va également être lancée pour promouvoir l’activité physique adaptée en matière de réadaptation cardiaque.

La suite : http://sports.gouv.fr/IMG/pdf/rapport_snss_2019-2024_cs6_v5.pdf