Un travail qui a fait l’unanimité

En cette année électorale à l’Ordre, les conseillers départementaux sont appelés à renouveler la moitié des membres du Conseil national. Ceux-ci éliront, dans la foulée, le nouveau bureau du Cnom et le président de l’institution. À cet égard, l’issue du scrutin ne fait guère de doute. Le 22 juin prochain, au cours d’une séance plénière, seul le nom de Patrick Bouet devrait sortir des urnes. Et pour cause : sa réélection au niveau régional en Ile-de-France, le 16 juin, semble acquise et – même si rien n’est encore officiel – l’actuel président de l’Ordre devrait ensuite être le seul candidat à sa succession…

Un seul mandat aura permis à Patrick Bouet de se rendre en effet indispensable à l’institution. Chez les conseillers nationaux, on ne cache pas le souhait de voir le généraliste francilien rempiler pour trois ans. L’un d’eux pronostique qu’il n’y aura pas d’autre candidat au poste. Et pour un autre, c’est « souhaité et souhaitable » que le président actuel soit reconduit, le travail réalisé depuis 2013 semblant faire l’unanimité. « On a l’impression que l’Ordre reprend le devant de la scène »,poursuit ce conseiller national qui ne voit d’ailleurs pas ce qui pourrait inquiéter Patrick Bouet. Et le gratifie d’un bilan « excessivement positif ».

Congrès national, grande concertation publique, campagne de communication… Les exemples ne manquent pas pour illustrer la priorité de Patrick Bouet de mettre l’institution en phase avec les préoccupations de santé du moment. C’est en effet à cet ancien président du conseil départemental de Seine-Saint-Denis que l’on doit la création du congrès national de l’Ordre. Organisé pour la première fois en 2014, le rendez-vous a été reconduit l’année suivante. Et chacune des éditions a pu se prévaloir de la présence de François Hollande ou de Manuel Valls. Excusez du peu…

La mise en place de cet événement témoigne d’ailleurs du souhait affiché par Patrick Bouet de voir l’Ordre « affirmer sa place au cœur des débats qui le concernent ». Un rôle dans lequel il s’est particulièrement illustré à l’occasion de la réforme du système de santé de Marisol Touraine. Considérant « à l’unanimité que le projet de loi santé n’était pas acceptable en l’état », l’institution n’a ainsi pas hésité, en novembre 2014, à formuler une quinzaine de remarques, appelées à être traduites sous forme d’amendements. Puis, après la période de concertation orchestrée par le ministère, le président de l’Ordre a tout bonnement exigé « une réécriture rapide et complète de la loi de santé ». Et réclamé, début 2015, l’organisation d’un « Grenelle de la santé ». Cette dernière doléance aura finalement trouvé un certain écho, le gouvernement annonçant, au printemps, la tenue d’une « grande conférence de santé ».

Boycottant – comme beaucoup de syndicats – les travaux préparatoires officiels, l’Ordre a organisé de son côté une « grande consultation » avec force de déplacements sur le terrain, rencontres institutionnelles, questionnaire en ligne et sondage du grand public. Synthèse des résultats obtenus, le Livre blanc du Cnom recommande notamment d’instaurer un mécanisme de recertification… Une suggestion reprise quelques jours plus tard par Manuel Valls lors de la Grande conférence de la santé. Et tardivement critiquée par les syndicats, alors même que ceux-ci font la grimace. Signe peut-être du dialogue retrouvé entre l’Ordre et les représentants de la profession, après les heurts connus sous son prédécesseur, le Dr Michel Legmann. Les syndicats reprochaient notamment au radiologue d’être sorti de son rôle en acceptant de se voir confier une mission par Nicolas Sarkozy.

Une présence sur tous les fronts

Ces derniers mois, l’Ordre ne s’est pas intéressé qu’à la réforme Touraine. Des débats autour de la législation sur la fin de vie, jusqu’au très récent projet de loi El Khomri, en passant par la COP 21, il a multiplié les prises de positions, ne manquant pas une occasion de donner son point de vue sur les grands dossiers du moment. Plus encore, il s’est engagé sur le terrain du numérique et de la e-santé, participant notamment à la réflexion sur la télémédecine et publiant un rapport sur « l’ubérisation des prestations médicales ».

Les trois prochaines années seront, sans aucun doute, riches pour la nouvelle équipe. Outre la campagne présidentielle, dont on n’imagine pas qu’elle laisse l’Ordre silencieux, l’institution devra s’adapter à la parité. Car, les élections des prochains conseillers départementaux devront leur permettre de compter autant d’hommes que de femmes. Une petite révolution là encore. Cet agenda chargé ferait presque oublier une récente hausse de cotisation… que tous les médecins n’ont pas forcément appréciée !

Luce Burnod

Source : Le Généraliste, N°2760