
URGENCES
Quelle réorganisation territoriale en 2026 ?
Dans le cadre du projet de loi de décentralisation et de réforme de l’État, le gouvernement envisage de renforcer la coordination locale des secours d’urgence.
Une nouvelle gouvernance territoriale
Le texte prévoit notamment la mise en place, dans chaque département, de contrats territoriaux du secours d’urgence (CTSU) arrêtés par le préfet. Ceux-ci définiraient l’organisation des moyens entre les Agences Régionales de Santé, les hôpitaux, le SAMU, les Sapeurs-Pompiers de France et les transporteurs sanitaires privés. L’objectif affiché est de mieux coordonner les acteurs face aux tensions croissantes sur les urgences et les transports sanitaires.
Un projet qui suscite des inquiétudes
Plusieurs acteurs de l’urgence préhospitalière ont toutefois exprimé leurs réserves. Des organisations d’urgentistes et d’ambulanciers privés craignent que cette nouvelle gouvernance n’entraîne une dilution du pilotage sanitaire, les autorités médicales n’ayant qu’un rôle consultatif dans l’élaboration de ces contrats. Ils redoutent également des conséquences sur la régulation médicale et l’orientation des patients, avec un risque de recours plus fréquent aux services d’urgence hospitaliers.
Le CNOM souligne un risque de fragilisation de l’expertise médicale – le Cnom met en garde contre une réforme qui affaiblirait l’expertise. D’autres acteurs, notamment du côté des services d’incendie et de secours, y voient au contraire un outil de coordination destiné à améliorer l’efficacité collective.
Quels effets possibles pour les médecins du Val-d’Oise ?
Pour les médecins libéraux du département, cette évolution pourrait modifier l’organisation territoriale des soins non programmés et des transports vers l’hôpital. Une coordination renforcée au niveau préfectoral pourrait contribuer à mieux répartir les missions entre ambulanciers, pompiers et services d’urgence. Mais l’enjeu restera de préserver la place de la régulation médicale et d’éviter une orientation trop systématique des patients vers les structures hospitalières, dans un contexte déjà tendu pour les urgences.
Dr Patrick Simonelli
Image de couverture : © Sir Vector – Flaticon