MDPH Val d'Oise

3 questions au… Dr Brigitte Gainet,

Chef du Service Évaluation – Maison Départementale des Personnes Handicapées du Val d’Oise, Direction de l’Autonomie

Quel est le rôle du médecin soignant dans la reconnaissance du handicap par la MDPH ?


l peut s’agir de tout médecin en qui le patient a confiance et qui suit la pathologie principale à l’origine du handicap : ophtalmologiste en cas de cécité, chirurgien après une amputation, psychiatre, etc. Ce n’est donc pas exclusivement le médecin traitant. Son rôle : décrire le retentissement concret de la maladie sur la vie quotidienne et l’autonomie. Pour cela, il rédige le certificat médical, pièce maîtresse du dossier MDPH. Ce document éclaire la situation médicale et fonctionnelle : pathologie en cause, évolution, traitements en cours, conséquences sur les activités et la participation sociale. Il doit être rédigé dans un style clair, car il sera examiné par divers professionnels (médecins généralistes, IPA, ergothérapeutes, psychologues, enseignantes spécialisées, travailleurs sociaux).

Pourquoi certains praticiens hésitent-ils à initier cette démarche ?

Ce certificat est long (formulaire Cerfa de 8 pages) et explore le retentissement social, au-delà du cadre médical habituel. Certains redoutent d’« enfermer » le patient dans une étiquette handicap. Or il ne s’agit pas d’une incapacité définitive, mais d’un état constaté à un instant donné, destiné à sécuriser des droits.

 

Cette réticence s’explique aussi par la reconnaissance assez récente du handicap : la loi pour l’égalité des chances, en 2005, a marqué une révolution culturelle en définissant le handicap comme l’impact d’une déficience sur la participation à la vie sociale et les activités quotidiennes.

Quels arguments pour les convaincre ?

Le certificat conditionne l’accès à de nombreux droits indispensables pour participer à la vie en société : AAH (Allocation Adulte Handicapé), RQTH (Reconnaissance de la Qualité de Travailleur handicapé,) PCH (Prestation de Compensation du Handicap), aménagements de véhicule ou de logement, Carte Mobilité Inclusion Priorité, etc… Les enfants en grande difficulté scolaire due au handicap pourront bénéficier d’un Plan Personnalisé de Scolarisation avec aménagement de la scolarité et bénéficier éventuellement d’un AESH. En outre, le temps de rédaction du formulaire pour la première demande de compensation à la MDPH est rétribué comme consultation très complexe par la Sécurité Sociale (au minimum 60 € en métropole, 72 € en Outre-mer). Mais surtout, cet acte médical et social permet à la personne handicapée de maintenir sa citoyenneté, et ouvre des droits qui peuvent changer sa vie.

Propos recueillis par Nathalie Chahine