QUELLES COMORBIDITÉS ?
Avec un IMC ≥ 35, le remboursement est possible en présence d’au moins une comorbidité : diabète de type 2, HTA traitée, apnée du sommeil, atteinte hépatique ou rénale, arthrose invalidante, asthme sévère, Syndrome des Ovaires Polykystiques, infertilité avec projet d’Assistance Médicale à la Procréation, notamment. À partir d’un IMC ≥ 40, aucune comorbidité n’est exigée. Dans tous les cas, une prise en charge nutritionnelle préalable doit avoir échoué (< 5 % de perte de poids à 6 mois).

Source : arrêté du 10 juin 2026.

PHARMACOPEE

Traitements contre l’obésité en pratique

Depuis juin 2026, Wegovy et Mounjaro  sont remboursables chez certains patients atteints d’obésité sévère.

Le Dr Catherine Campinos, cheffe du service d’endocrinologie à l’hôpital NOVO, fait le point sur les indications, la prescription et la surveillance.

1. Qui peut en bénéficier ?

L’AMM autorise la prescription de Wegovy et de Mounjaro chez l’adulte avec un IMC ≥ 30 kg/m², ou ≥ 27 avec au moins une comorbidité liée au poids. Mais depuis le 15 juin 2026, le remboursement est plus restrictif : IMC initial ≥ 40 sans comorbidité, ou ≥ 35 avec une comorbidité, après échec d’une prise en charge nutritionnelle bien conduite. Le généraliste garde un rôle essentiel : dépistage du surpoids, bilan des comorbidités, alimentation, activité physique et accompagnement comportemental. Ces traitements sont une deuxième intention, après échec des mesures nutritionnelles, qui doivent être poursuivies sous traitement.

2. Qui peut prescrire et faire rembourser ?

Tout médecin peut prescrire dans le cadre de l’AMM. En revanche, la primo-prescription ouvrant droit au remboursement est réservée à certains professionnels impliqués dans les recours 2 et 3 : spécialistes en endocrinologie-diabétologie-nutrition, médecins compétents en nutrition ou chirurgiens bariatriques habilités exerçant notamment en CSO (Centres Spécialisés Obésité), CHU ou SMR spécialisé, ainsi qu’à certains experts de l’obésité. Un endocrinologue exerçant hors de ces structures doit être formellement en lien avec un CSO. Le généraliste peut ensuite renouveler le traitement. Un formulaire d’accompagnement à la prescription doit être remis au patient et présenté au pharmacien avec l’ordonnance.

3. Quelle surveillance préconiser ?

Attention à une perte pondérale trop rapide, à la sarcopénie et aux carences, notamment chez le sujet âgé (plus de 70 ans), ainsi qu’aux complications digestives ou biliaires. L’objectif n’est pas le « poids idéal » que les patients peuvent imaginer, mais un bénéfice clinique réaliste, avec des apports nutritionnels suffisants.

4. Combien de temps traiter ?

Ces traitements doivent s’inscrire dans la durée, probablement sur des années, et la reprise de poids à l’arrêt est fréquente. Une réévaluation régulière est indispensable : une interruption peut être envisagée si la réponse est insuffisante – généralement moins de 5 % du poids initial perdu à six mois – ou si apparaissent des signes de carence ou de dénutrition.

L’erreur à éviter ? Présenter ces médicaments comme des traitements miracles. Wegovy et Mounjaro constituent une vraie avancée dans l’obésité, mais après bilan et dans un parcours de soins structuré : on traite une maladie chronique, pas quelques kilos à perdre avant l’été. De plus, nous manquons encore de recul pour juger de la pertinence de ces traitements sur le long terme.

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