
Dr Mohand Goudjil,
cardiologue aux centres hospitaliers d’Argenteuil et de Nanterre
« C’est pendant un cours de biologie en classe de 4e que m’est venue l’envie de faire médecine, et rien d’autre ! Après le bac, j’ai été tiré au sort pour intégrer le CHU de Necker grâce à mes bons résultats en maths et en physique. En deuxième année, un stage infirmier dans un service de soins intensifs en cardiologie a décidé de mon orientation ; la cardiologie m’est apparu une spécialité permettant d’exercer librement en ville comme à l’hôpital, et ouvrant sur un grand choix de « surspécialités » comme la coronarographie ou la rythmologie.
J’ai rejoint le Centre Hospitalier d’Argenteuil après l’obtention de mon diplôme en 2001, et ne l’ai jamais quitté. Depuis huit ans, j’exerce également quatre demi-journées par semaine à l’hôpital de Nanterre, initialement comme chef du service de cardiologie puis en tant que chef de pôle depuis 2024. En novembre 2021, j’ai été nommé Directeur de crise Covid, en raison de ma connaissance des soins intensifs et de la réanimation.
Cette expérience de dix-neuf mois a été très marquante ; je n’avais jamais vu l’hôpital se mobiliser autant, toutes spécialités rassemblées autour de la maladie infectieuse Covid, derrière une cause unique qui est la santé publique. A 54 ans, comment je vois les dix ans à venir ?
Cette année, en rythmologie, j’arrive au bout d’un long projet de réalisation d’ablations complexes par radiofréquence – je voudrais maintenant aller plus loin en effectuant des ablations de tachycardies ventriculaires. Sur le plan hospitalier, j’ai très à cœur de stabiliser l’équipe pour qu’à Nanterre perdure le seul service public de cardiologie du nord du 92.
L’an dernier j’ai rejoint le Conseil de l’Ordre pour plusieurs raisons. D’abord parce qu’il me paraissait regrettable qu’aucun professionnel de l’hôpital d’Argenteuil n’y soit représenté, et que je recherchais un espace d’échanges autour de questions éthiques que pose de plus en plus la recherche actuelle de rentabilité à l’hôpital public, en particulier autour de la DMS (durée moyenne de séjour). J’étais aussi curieux de découvrir cette instance, et très surpris d’y rencontrer des conseillers jeunes, en activité et très engagés – je leur tire vraiment mon chapeau ! Observer la nature des plaintes qui arrivent en commission de conciliation apporte aussi beaucoup de réponses à des questions concrètes. Ces cas m’ont par exemple appris à mieux gérer les conflits avec un patient ou un collègue, et démontré que l’attitude essentielle, qui change tout, c’est le dialogue. »
Propos recueillis par Nathalie Chahine