Dr Jean-Luc Thomas président du Conseil Régional Ile de France de l’Ordre des Médecins

4 questions au… Dr François Venutolo,

médecin anesthésiste et Président du Comité d’Éthique de l’hôpital de Gonesse

Quel est le rôle du Comité d’Éthique ?

C’est un espace de réflexion sur les enjeux éthiques rencontrés au sein de l’hôpital, qu’ils concernent les patients ou les professionnels. Le comité de Gonesse regroupe une douzaine de membres, issus à parts égales du corps médical, soignant, administratif et logistique. Ils sont cooptés pour quatre ans, sur la base du volontariat.

Il s’agit souvent de professionnels expérimentés, car ces préoccupations s’inscrivent dans une certaine maturité professionnelle et humaine.

Comment fonctionne cette instance ?

Animé par des bénévoles, sans secrétariat ni budget dédié, le comité se réunit tous les trois mois. Il y débat de situations concrètes et organise des événements, comme les « cafés éthiques », conférences thématiques ouvertes à tous. La dernière portait sur « Qu’est-ce que l’éthique ? » avec le Pr Olivier Hamel. La prochaine, axée sur « Le patient acteur du système de santé », vise à harmoniser les pratiques de communication auprès des patients.

 

Quels sujets abordez-vous actuellement ?

Nous avons récemment réfléchi à la prise en charge de patients chroniques complexes, pour adapter nos stratégies thérapeutiques à leur réalité. D’autre part, la question de la laïcité est aujourd’hui centrale. Les textes officiels sont clairs, mais leur application quotidienne l’est moins. Nous envisageons aussi de travailler sur la fin de vie, un sujet délicat qui interroge nos pratiques d’allègement thérapeutique, l’accompagnement des familles, l’équilibre entre coût sociétal et éthique individuelle.

Qui peut faire appel au comité ?

Toute personne de l’hôpital peut nous solliciter, souvent via l’e-mail. Malheureusement, nous restons trop peu consultés. Pour renforcer notre utilité, nous envisageons une structuration régionale, en mutualisant les réflexions entre hôpitaux proches géographiquement et qui partagent les mêmes questionnements. Une dimension universitaire est également souhaitable : le Dr Joseph Alla Sene, membre du comité et du Conseil de l’Ordre, porte cette ambition. Il pourrait ainsi contribuer à élargir le débat à la médecine de ville, par exemple en créant une commission éthique au sein du CDOM qui intensifierait les liens ville hôpital.

Propos recueillis par Nathalie Chahine