Georges Hobeika

C’EST DE SAISON

Comment accompagner les patients allergiques au pollen ?

Les conseils du Dr Maria Eid, médecin allergologue à Enghien-les-Bains

Quels sont les principaux pics polliniques en ce moment ?


Nous traversons actuellement la première grande vague pollinique de l’année : celle des arbres, qui s’étend globalement de janvier à mai. Elle sera suivie par celle des graminées, de mai à fin juillet. Un certain nombre de patients sont allergiques aux deux, ce qui peut prolonger les symptômes. Rhinite allergique, conjonctivite, toux ou exacerbations d’asthme sont alors fréquentes. On peut anticiper cette saisonnalité et commencer le traitement avant le début des pollens qui posent problème au patient, et durant toute la période en question.

Quelles mesures simples limitent l’exposition aux pollens ?


Quelques conseils d’hygiène de vie peuvent réellement atténuer les symptômes : aérer le domicile tôt le matin ou en soirée, lorsque la concentration pollinique est plus faible, éviter d’ouvrir les fenêtres en milieu d’après-midi. Mieux vaut éviter de faire sécher le linge à l’extérieur, les pollens pouvant s’y déposer. Les activités physiques en plein air sont à privilégier le matin ou en fin de journée. Enfin, au retour à domicile, une douche avec changement de vêtements et brossage des cheveux ou de la barbe permet de limiter l’introduction des pollens dans la literie.

Quels traitements préconisez-vous ?


Les antihistaminiques restent le traitement de première intention, associés si besoin à des lavages oculaires et nasaux ou à des collyres antiallergiques. Il est également important d’informer les patients asthmatiques et allergiques du phénomène de plus en plus fréquent d’asthme d’orage : lors des épisodes orageux, les pollens se fragmentent en particules très fines capables de pénétrer profondément dans les bronches, ce qui peut déclencher des crises sévères. Dans ces cas, faire un jogging sous la pluie peut être une très mauvaise idée !

Enfin, en cas de symptômes persistants ou invalidants malgré le traitement, l’orientation vers un allergologue pour envisager une désensibilisation peut être indiquée.

Propos recueillis par Nathalie Chahine

Images de couverture : © FreePik