Dr Jean-Luc Thomas président du Conseil Régional Ile de France de l’Ordre des Médecins

3 questions au… Dr Jean-Luc Thomas,

président du Conseil Régional Ile-de-France de l’Ordre des Médecins

Vous venez d’être élu à la présidence de l’instance régionale Ile-de-France du conseil de l’Ordre. Quels défis projetez-vous d’y relever ?

Je suis actuellement dans cette phase stimulante de prise de contact avec les principales instances partenaires de la région, telles que l’ARS, le Conseil régional et l’URPS médecin. Mon objectif est de bâtir une dynamique de travail collaborative et ouverte, en m’appuyant sur les différentes commissions du CROM, auxquelles je souhaite accorder une large autonomie. J’ai la chance de pouvoir compter sur une équipe d’élus engagés, dynamiques et force de proposition. Parmi les priorités incontournables, je souhaite accorder une attention particulière à l’information et à la formation des jeunes médecins en matière de déontologie. Cette sensibilisation devrait être systématiquement proposée dès leur installation, puis poursuivie tout au long de leur exercice. L’objectif est de leur permettre de mieux maîtriser par exemple les principes du secret médical, la rédaction des certificats, ainsi que l’usage éthique des réseaux sociaux. Les CDOM seraient ainsi soulagés d’un grand nombre de conciliations et de plaintes.

Quelles sont les grandes dates de vos engagements ordinaux ?

J’ai débuté au CDOM de Paris en 2006 en tant que suppléant, puis secrétaire général à partir de 2008, poste que j’ai occupé pendant quinze ans. Deux événements ont particulièrement marqué cette période : l’attentat du Bataclan en novembre 2015, où nous étions en première ligne pour mobiliser les médecins des patients décédés, et la crise du Covid, qui a profondément bouleversé notre façon d’exercer. Il a alors fallu rassurer les médecins, trouver des masques de protection et en assurer la livraison, pouvoir leur apporter une aide tant informative que psychologique, ce qui s’est accompli dans un climat d’entraide inédit.

 

Au CDOM de Paris, nos élus ont été les premiers à créer un centre de dépistage nasopharyngé pour les soignants parisiens, qui a apporté un vrai soulagement à nos praticiens qui se sentaient abandonnés durant cette pandémie ! Cette période a aussi marqué un tournant dans notre capacité à travailler en synergie avec la CPAM et l’ARS. Les liens précieux que j’ai noués au CDOM75 m’ont notamment permis, avec d’autres élus ordinaux, de créer en 2020 une CPTS dans le XIIe arrondissement de Paris. Concernant le Conseil régional de l’Ordre des médecins, j’y ai siégé comme assesseur à la chambre disciplinaire de première instance, ainsi que de nombreuses années comme conseiller titulaire et vice-président durant cette dernière année.

Comment organisez-vous votre activité de médecin généraliste ?

Installé en libéral et cabinet de groupe secteur 1 depuis la fin de mes études, j’ai fondé en 2023 une Maison de Santé Pluridisciplinaire regroupant trois médecins et six infirmiers, favorisant ainsi un exercice coordonné. Les outils de médecine connectée, qui permettent d’assurer certaines consultations à distance avec l’appui d’un infirmier, m’aident à optimiser un temps médical devenu si précieux. Ce temps, je le consacre de plus en plus à l’accompagnement du changement. C’est dans cette logique que j’ai accepté la présidence de la commission centrale d’activité libérale de l’APHP, chargée de veiller au respect des dispositions législatives et réglementaires encadrant les contrats des praticiens statutaires. Faire vivre les principes du Code de la santé publique est, au fond, ce qui guide l’ensemble de mes engagements.

Propos recueillis par Nathalie Chahine