
Dr Khaled Al Tabaa, chirurgien ORL

Dr Louis Morin, chirurgien ORL
PONTOISE : l’innovation au service des patients
Chirurgie robotique, cancérologie de pointe, reconstruction nasale et recherche : les Drs Khaled Al Tabaa et Louis Morin, chirurgiens ORL à l’hôpital NOVO de Pontoise, présentent les avancées de leur service et leurs ambitions pour le Val-d’Oise.
1. Quels progrès la chirurgie robotique apporte-t-elle aux patients ?
Depuis septembre 2025, nous disposons du robot Da Vinci, qui offre une vision 3D et une précision accrue des gestes. Surtout, il permet d’opérer certaines tumeurs autrefois difficiles d’accès, notamment dans l’oropharynx et l’hypopharynx. Pour les patients éligibles, les interventions sont moins invasives, avec moins de complications, un retour plus rapide à l’alimentation et parfois une sortie après quatre à cinq jours, contre plusieurs semaines auparavant. Le robot permet d’accéder directement à la tumeur par les voies naturelles. Il évite ainsi des interventions délabrantes et, dans la plupart des cas, la trachéotomie. Une patiente peut ainsi bénéficier des examens nécessaires avec un résultat anatomopathologique en quelques jours.
2. En quoi l’hôpital NOVO est-il devenu un centre expert en cancérologie ORL ?
Nous sommes le seul établissement du Val-d’Oise à disposer des autorisations A3 et B3, délivrées par l’Agence régionale de santé (ARS). Elles nous permettent de prendre en charge les interventions les plus complexes, y compris celles qui nécessitent une reconstruction. Celle-ci repose sur la microchirurgie, par une technique appelée « lambeau libre » ou « lambeau micro-anastomosé ». Concrètement, nous prélevons un tissu dans une autre partie du corps, le transférons ensuite sur la zone opérée et raccordons ces vaisseaux sous microscope. C’est l’association de notre plateau technique (robot chirurgical, immunothérapie, TEP-scan, technique du ganglion sentinelle) et de notre expertise en microchirurgie qui vaut à notre service d’être reconnu comme centre expert en cancérologie ORL, au même titre que les grands centres anticancéreux et universitaires.
3. Comment vos recherches font-elles progresser la reconstruction nasale ?
Après un cancer cutané, plus rarement un traumatisme ou une infection, reconstruire un nez reste un défi fonctionnel et esthétique. Les techniques actuelles, notamment les épithèses, présentent des limites. Avec CY Cergy Paris Université, nous développons un biomatériau associant les avantages de la chirurgie et de la prothèse, avec l’ambition de restituer un nez aussi proche que possible de l’original. Un dépôt de brevet est envisagé.
4. Quel intérêt présente ResoMeds pour les confrères ?
Créé par Louis Morin il y a trois ans, ce réseau médical gratuit permet aux praticiens de partager des cas cliniques, notamment ceux qui ne trouvent pas leur place dans les publications scientifiques. Il comporte aussi un atlas de vidéos chirurgicales commentées, réalisées par des spécialistes. ResoMeds rassemble aujourd’hui près de 3 500 membres, dont 500 ORL. Notre ambition est de l’étendre à d’autres spécialités, notamment la chirurgie maxillo-faciale.
5. Quelles ambitions avez-vous pour le service ORL de NOVO ?
Faire de Pontoise un pôle d’excellence reconnu, accessible aussi bien aux patients du territoire qu’aux médecins de ville. Le rapprochement entre NOVO et CY Cergy Paris Université doit favoriser la recherche et le développement universitaire de notre activité. C’est dans cet esprit qu’a été créé l’Institut de recherche en santé des territoires (IRST). Fruit d’une collaboration entre CY Cergy Paris Université et l’hôpital NOVO, il est consacré à la santé des habitants du territoire, avec un axe principal centré sur les maladies chroniques, et notamment le cancer.
Propos recueillis par Nathalie Chahine