Dr Franck Nadjar

Dr Alexandra Desvignes

« Une passion pour Roland Garros »

Rhumatologue et médecin du sport

Vous venez de participer au tournoi de Roland-Garros en tant que médecin. Comment s’est déroulée cette expérience ?

« Cela fait six ans que je participe au tournoi. J’ai intégré l’équipe médicale en 2020 après avoir adressé une candidature spontanée. » Rhumatologue et médecin du sport, le Dr Alexandra Desvignes a, cette année, suivi le tournoi pendant l’Open Week et le Main Draw, avec des journées de travail réparties sur trois semaines au total. Une douzaine de médecins – généralistes et traumatologues (médecins du sport et rhumatologues) – constituent l’équipe ; 6 d’entre eux se répartissent chaque jour entre les principaux courts, le Centre national d’entraînement et le stade Jean-Bouin.

« Nous avons deux missions : les consultations dans les espaces médicaux et les interventions sur le court. » Alertés par talkie-walkie, médecin et kinésithérapeute rejoignent alors le joueur demandant un temps médical. « Tout est très rythmé. Nous devons travailler rapidement, en parfaite complémentarité avec les kinés. Et ne pas compter nos heures ; les journées commencent à huit heures, et elles se terminent quand les derniers joueurs et joueuses ont quitté le service médical et ont terminé les soins avec les kinésithérapeutes, avec la nécessité de rester le soir. »

Une anecdote marquante ? Quel est le principal défi de cette mission ?

Sa première participation reste la plus marquante. « C’était l’année du Covid. Les tribunes étaient presque vides, les conditions de jeu totalement inédites, à l’opposé de l’effervescence habituelle. »

Quant au principal défi, il tient surtout à la nature même de cette médecine : « Nous avons très peu de temps pour évaluer la situation, poser un diagnostic et conseiller le joueur. Et tout en anglais bien sûr ! » La présence d’un échographiste sur site permet d’affiner certaines décisions. « Nous sommes là aussi pour alerter sur les risques d’aggravation. C’est très stimulant. On sort de sa zone de confort sans jamais transiger sur la qualité de la prise en charge. »

Pourquoi avoir choisi la médecine du sport ?

Formée en rhumatologie, le Dr Desvignes s’est naturellement tournée vers la médecine du sport. « J’ai pratiqué la danse classique pendant vingt-cinq ans et j’ai toujours évolué dans un environnement sportif, très orienté vers le tennis. » Après un DIU de médecine et traumatologie du sport, elle se forme à l’échographie ostéo-articulaire et interventionnelle puis, plus récemment, à la prise en charge de la douleur.

Son activité se partage aujourd’hui entre médecine du sport et rhumatologie classique dans son cabinet de Montmorency. « Les deux disciplines se complètent. Et à Roland-Garros, je pense que l’expertise du rhumatologue apporte un regard intéressant sur les troubles ostéo-articulaires du sportif de haut niveau. »

Propos recueillis par Nathalie Chahine