
PORTRAIT
Dr Enjalbert, médecin et maire
Médecin angiologue et maire de Saint Prix durant vingt-cinq ans, le Dr Enjalbert a la protection de l’environnement dans le sang. Interview d’un passionné.
1. Comment avait démarré votre aventure municipale?
Tout est parti d’un engagement citoyen très concret : la protection de la forêt de Montmorency et du patrimoine de Saint-Prix, où je vis. À l’époque, je présidais l’association Les Amis du Vieux Village. Très vite, j’ai compris que, pour faire avancer les choses, il fallait assumer des responsabilités municipales. En 1995, alors que nous créions la clinique de l’Estrée à Stains avec une équipe de médecins, j’ai franchi le pas. Mon fil conducteur a toujours été le même : l’environnement et la santé publique. S’en sont suivis quatre mandats de maire jusqu’en 2020. J’ai alors choisi de passer la main au nom d’une respiration démocratique – et mieux vaut partir quand on vous regrette un peu. À Saint-Prix, petite commune de 7 500 habitants, l’engagement était avant tout local, et transpartisan. Aujourd’hui, j’entame mon sixième mandat d’élu, le deuxième comme conseiller municipal.
2. Comment avez-vous concilié la fonction de maire avec celle de médecin ?
J’ai toujours cherché un équilibre entre un métier que j’aime profondément et un engagement politique vécu comme une passion. Au départ médecin généraliste, j’ai progressivement orienté mon exercice vers la médecine vasculaire, compatible avec une activité sur rendez-vous et sans urgences.
Cela m’a permis de continuer à exercer tout en menant des projets municipaux : rénovation du vieux village, première cantine scolaire bio du Val-d’Oise, collecte des déchets verts avec des chevaux, réintroduction de la vigne, sauvetage des hérissons… Autant d’initiatives ancrées dans les enjeux écologiques locaux. La mairie, c’est le terrain, l’expérimentation, et une autre manière de se réaliser.
3. Quel est l’accomplissement dont vous êtes le plus fier ?
Avant tout, des rencontres humaines et de la capacité à faire émerger des projets collectifs. Une idée, une équipe, des citoyens engagés : c’est une dynamique précieuse. Et aussi, disons-le, le maintien constant des taux communaux d’imposition ! Bien sûr, il y a eu des échecs – notamment sur les nuisances aériennes autour de Roissy, dont les impacts sanitaires restent insuffisamment reconnus. Mais certaines réussites marquent, comme le classement récent de la forêt de Montmorency en forêt de protection, initié par la commune. Aujourd’hui, à bientôt 70 ans, je poursuis mon activité, tant que ma santé le permettra ! Prochainement, j’espère relater ces expériences dans un livre : les 36 500 communes françaises ont, à mon sens, un rôle déterminant pour faire évoluer concrètement les politiques de santé et d’environnement.
Propos recueillis par Nathalie Chahine