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INNOVATION : L’Institut de Recherche en Santé pour les Territoires ouvre ses portes

L’IRST devient le premier pôle de recherche translationnelle du Val-d’Oise. Entretien avec l’un des porteurs du projet, le Dr Édouard Devaud, chef du service des Pathologies Infectieuses et Tropicales à l’hôpital René Dubos de Pontoise et président de la Commission Médicale d’Établissement de l’Hôpital NOVO.

En quoi consiste le projet de l’IRST ?

L’Institut de Recherche en Santé pour les Territoires (IRST) est une fondation co-créée par l’Hôpital NOVO et CY Cergy Paris Université. Son ambition est de structurer une recherche médicale ancrée dans les territoires, en s’appuyant sur une logique translationnelle : relier la recherche fondamentale à la recherche clinique et ses pratiques pour produire des innovations rapidement transférables au bénéfice des patients. L’IRST associe acteurs industriels et collectivités, dans une gouvernance collégiale réunissant 12 membres (représentants de NOVO, de CYU, et personnalités qualifiées telles que chercheur INSERM, éthicien, représentants institutionnels…). Le lancement officiel est prévu en juin 2025. Ce modèle, encore rare hors CHU, pourrait servir de prototype pour d’autres pôles de recherche extra-universitaires en région. La fondation bénéficie d’un apport initial de 1 million d’euros, à parts égales entre NOVO et CYU. À terme, le GHT sud Val d’Oise Nord Hauts de Seine pourrait rejoindre le projet.

À quels besoins répond ce projet ?

Dans le cadre de la politique d’enseignement et recherche, l’IRST répond à un double enjeu : rapprocher la recherche de la population en périphérie de Paris, et valoriser le potentiel scientifique des hôpitaux généraux et des universités de proximité. L’objectif est de faire émerger des pôles d’excellence au sein des territoires, en décloisonnant soin, enseignement et recherche. Dans cet esprit, un premier cycle d’études médicales devrait s’ouvrir à Cergy dès septembre 2026. Sur le plan épidémiologique, l’émergence des maladies chroniques bouleverse les organisations en santé et sous-tend d’important sujets de recherche.

Les médecins du Val-d’Oise seront-ils associés ?

Absolument. Le cœur du projet repose sur la co-construction entre chercheurs, cliniciens et acteurs de terrain. Un Conseil d’orientation scientifique rassemblera 4 à 5 enseignants – chercheurs de CY et 4 à 5 praticiens hospitaliers pour prioriser les thématiques en fonction des besoins locaux. L’approche est centrée sur les parcours de vie des patients, notamment autour de « la Maladie Chronique », de la prévention et de la lutte contre les inégalités de santé.

Quels seront les grands axes de recherche ?

Trois axes prioritaires structurent le projet : Les innovations diagnostiques et thérapeutiques, comme l’intelligence artificielle appliquée à l’endoscopie ou les technologies de détection précoce. La suppléance fonctionnelle, ciblant les dispositifs embarqués ou organes artificiels capable de suppléer une fonction humaine tels la locomotion avec les exosquelettes, la vue avec une assistance numérique… Et enfin, les sciences humaines et sociales appliquées à la santé, en particulier sur la littératie, la prévention et l’éducation thérapeutique pour améliorer l’adhésion aux soins.

Propos recueillis par Nathalie Chahine